Le coryza du chat ne se transmet pas à l’homme dans l’immense majorité des cas : les deux virus principaux, herpèsvirus et calicivirus félins, n’infectent pas l’humain. Deux bactéries du complexe, Chlamydia felis et Bordetella bronchiseptica, ont été décrites, très rarement, chez des personnes. Le risque réel est ailleurs : vos mains et vos vêtements transportent l’infection vers d’autres chats.
Les agents du coryza un par un, les rares cas humains publiés, votre rôle de transporteur, les gestes au foyer, puis le moment d’appeler le vétérinaire.
Un coryza, plusieurs agents
« Il éternue depuis trois jours, et mon fils dort avec lui » : la question de la contagion vient vite. Le coryza n’est pas une maladie unique mais un ensemble d’infections des voies respiratoires hautes, des yeux et de la bouche, causées par plusieurs virus et bactéries, souvent associés chez le même chat.
Le groupe européen d’experts des maladies du chat (ABCD) a fait le point, agent par agent :
| Agent | Chez le chat | Chez l’humain |
|---|---|---|
| Herpèsvirus félin | Rhinite, conjonctivite ; le chat reste porteur à vie, avec des réactivations au stress | Propre au chat |
| Calicivirus félin | Ulcères de la bouche, rhinite, parfois boiteries | Les humains n’y sont pas sensibles |
| Chlamydia felis | Conjonctivite surtout | Pas de risque significatif ; quelques conjonctivites publiées |
| Bordetella bronchiseptica | Toux, rhinite, pneumonie chez le chaton | Rarement, surtout chez des personnes fragiles |
La vidéo ci-dessous reprend ces agents, les voies de contagion entre chats et les mesures d’hygiène à la maison.
Les rares cas humains publiés
Pour Chlamydia felis, ce groupe d’experts ne retient aucune preuve épidémiologique d’un risque significatif pour l’humain. Quelques cas de conjonctivite chronique ont pourtant été publiés : chez un patient infecté par le VIH en 2001, chez une femme en bonne santé contaminée par son chaton en 2017, et chez trois personnes en bonne santé en 2024.
Bordetella bronchiseptica, bactérie cousine de celle de la coqueluche, peut infecter chats, chiens, lapins et porcs, et « rarement » l’humain selon la même source. Les infections humaines rapportées restent ponctuelles.
Un vaccin vivant par voie nasale contre Bordetella existe dans certains pays européens. Le chat vacciné peut excréter la bactérie jusqu’à un an ; la notice le déconseille pour un chat vivant au contact étroit d’une personne immunodéprimée. À signaler au vétérinaire avant la vaccination.
Une personne qui développe une conjonctivite persistante après avoir soigné un chat enrhumé en parle à son médecin, en mentionnant le chat. Le cas reste très rare, mais l’information oriente le diagnostic.
Le vrai risque : vous comme vecteur
Vous n’attrapez pas le coryza, mais vous pouvez le transporter. Les virus se déposent sur les mains, les vêtements, les gamelles et les couvertures, et passent ainsi d’un chat malade à un chat sain, même sans contact direct entre eux.
Leur résistance diffère. L’herpèsvirus félin est inactivé en 3 heures à 37 °C et cède à la plupart des désinfectants, mais il reste infectieux environ un mois à 25 °C. Le calicivirus, lui, résiste à de nombreux désinfectants , et les experts recommandent notamment l’hypochlorite de sodium, c’est-à-dire l’eau de Javel.
Un chat qui a eu un coryza à herpèsvirus reste porteur. Il peut rechuter et contaminer d’autres chats des années plus tard, à l’occasion d’un stress : déménagement, arrivée d’un animal, hospitalisation.
Au foyer : les gestes qui suffisent
Avec un seul chat, un coryza ne demande pas de précaution particulière pour les humains de la maison, au-delà de l’hygiène habituelle. Avec plusieurs chats, ou avant de toucher un autre chat :
- on se lave les mains après avoir soigné le chat malade, nettoyé ses yeux ou son nez ;
- on lui réserve gamelles, couchage et litière, lavés à part ;
- on désinfecte les surfaces et les objets à l’eau de Javel diluée, efficace aussi contre le calicivirus ;
- on change de vêtement avant de manipuler un chaton ou un chat d’un autre foyer ;
- on isole un nouvel arrivant quelques jours avant de le présenter aux autres chats.
Un chat porteur d’une autre infection chronique, comme le virus de l’immunodéficience féline, se défend moins bien contre les infections : au moindre coryza, l’avis du vétérinaire vient plus tôt.
Quand appeler le vétérinaire
Chez un chat infecté par l’herpèsvirus, l’excrétion du virus dure une à trois semaines ; le vétérinaire juge seul du besoin de traitement, même pour un coryza qui paraît léger. Il mange encore, et boit ? C’est le premier signe à observer.
Ce que le vétérinaire vous demandera : depuis quand il éternue, l’aspect des écoulements, clairs ou épais, s’il mange et boit, s’il a de la fièvre ou bave, s’il est vacciné, et s’il vit avec d’autres chats.
Un chaton, un chat qui ne mange plus, qui respire la bouche ouverte ou dont les yeux restent fermés s’examine sans attendre ; un chat qui ne mange plus se dégrade vite, surtout quand un nez bouché l’empêche de sentir sa nourriture.
Ce qu’il faut retenir
Les virus du coryza ne passent pas à l’humain. Deux bactéries du complexe l’ont fait, très rarement, surtout chez des personnes fragiles. La précaution utile protège d’abord les autres chats : mains lavées, objets séparés, eau de Javel contre le calicivirus. Un chaton ou un chat qui cesse de manger se montre au vétérinaire dans la journée.
Sources
- ABCD (European Advisory Board on Cat Diseases), recommandations sur le calicivirus félin (mars 2025), l’herpèsvirus félin (mai 2026), Chlamydia felis (mars 2026) et Bordetella bronchiseptica (mars 2025)
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