Leishmaniose du chien : trois situations, trois préventions, et le test à faire avant tout vaccin

Leishmaniose du chien : trois situations, trois préventions, et le test à faire avant tout vaccin

15/10/2026
Leishmaniose du chien : trois situations, trois préventions, et le test à faire avant tout vaccin
15/10/2026

En bref

La leishmaniose se transmet par la piqûre du phlébotome, que l’ESCCAP conseille de prévenir de début avril à fin novembre. Les signes apparaissent de 2 mois à 8 ans après la piqûre. La prévention dépend de la situation du chien : indemne, infecté sans signes ou malade. Le vaccin exige un test préalable et ne protège pas à 100 %. Il n’existe pas de traitement définitif : le chien reste porteur et se suit.

Ce qu’on observe chez le chien, la transmission, les trois situations, ce que fait le vétérinaire, puis le moment d’appeler.

Chien à poil court allongé sur une terrasse en pierre d'une maison du sud

Ce qu’on observe chez le chien

La leishmaniose est une maladie générale : tous les organes peuvent être touchés, et la peau en est la cible la plus visible. Une fiche de dermatologie vétérinaire décrit les signes cutanés typiques.

  • des squames de grande taille, dites psoriasiformes (des pellicules épaisses et brillantes) ;
  • une peau épaissie et grisâtre ;
  • des griffes allongées et fissurées, les « ongles de fakir » ;
  • une perte de poils en plaques, surtout sur le visage et sur les saillies osseuses.

Le premier signe est souvent un chancre d’inoculation, un nodule ou une lésion ulcérative au point de piqûre, sur l’oreille, la truffe ou le chanfrein. Il persiste de 3 à 9 mois et se confond avec une piqûre de tique. S’y ajoutent l’amaigrissement, des troubles des yeux et, à un stade avancé, une insuffisance rénale.

La transmission et la saison

Le parasite, Leishmania infantum, passe d’un chien à l’autre par la piqûre du phlébotome, un petit insecte actif le soir. L’ESCCAP place les protections de début avril à fin novembre, soit plus longtemps que l’« avril à octobre » que reprennent beaucoup de pages.

Le délai entre la piqûre et les signes va de 2 mois à 8 ans. Un chien qui rentre du sud et va bien n’est donc pas pour autant sorti d’affaire.

Collier antiparasitaire gris posé sur un rebord de fenêtre avec une moustiquaire

Trois situations, trois préventions

Un vétérinaire hospitalier distingue trois situations, qui ne reçoivent pas la même prévention.

Le chien estCe qui s’appliqueLe vaccin
Indemne, en zone à risque ou de passageInsecticides adaptés choisis avec le vétérinaire, chien rentré à la tombée de la nuitPossible, après un test
Infecté, sans signesSoigner vite toute affection qui affaiblit les défenses, éviter de nouvelles piqûresNon
MaladeÉviter de nouvelles piqûres, traitement médicamenteux prescritNon

Pour le chien indemne, l’ESCCAP détaille les protections : spray, pipette ou collier à choisir avec le vétérinaire, moustiquaires de maille de 0,3 à 0,4 mm², fenêtres fermées la nuit. Le vaccin demande un test préalable, une primo-vaccination puis un rappel annuel. Il réduit le risque sans protéger à 100 % : les mêmes précautions restent nécessaires.

Ce que le vétérinaire fait, et ce qu’il demandera

Une prise de sang suffit parfois à établir le diagnostic ; d’autres cas demandent des prélèvements, comme une ponction de ganglion. Le traitement associe, selon les recommandations de LeishVet de 2011, un médicament antileishmanien et l’allopurinol, un traitement de fond prolongé qui limite la multiplication du parasite. Il ne supprime pas le parasite : un chien traité peut rester porteur.

Le suivi compte autant que le traitement : un bilan après le premier mois, puis tous les trois à quatre mois la première année. Une forte hausse des anticorps entre deux contrôles signale une rechute.

Avant d’appeler, notez depuis quand les griffes ou la peau changent, la date de l’amaigrissement, les séjours dans le sud et la date du dernier traitement antiparasitaire : c’est ce que le vétérinaire vous demandera d’abord.

Quand appeler

Aucune source lue ne fixe de délai : notre avis est d’appeler le vétérinaire dès le premier signe chez un chien qui vit dans le sud ou qui y est allé, qu’il s’agisse de squames, de griffes qui poussent, d’un amaigrissement ou d’un saignement de nez, un signe que le vétérinaire de la vidéo cite parmi les plus parlants.

Important

Cette page est une information générale, pas un diagnostic. La leishmaniose est transmissible à l’homme par le phlébotome, surtout aux enfants et aux personnes immunodéprimées. Une fiche de dermatologie vétérinaire demande de considérer le risque de transmission par contact avec des ulcères cutanés nombreux : notre avis est d’en parler au vétérinaire avant de soigner le chien à la maison. Un chien suspect se fait examiner, et le traitement se décide avec lui.

Pour d’autres parasites du chien et du chat, voir la giardiose du chien et retirer une tique à un chat.

Sources

  • ESCCAP France, « La leishmaniose chez le chien », consultée en octobre 2026
  • Dermatoveto, « La leishmaniose canine », fiche de dermatologie vétérinaire
  • Solano-Gallego L. et coll., « LeishVet guidelines for the practical management of canine leishmaniosis », Parasites & Vectors, 2011

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Rédigé par
La rédaction de Pattes & Santé
La rédaction de Pattes & Santé lit ce que publient les écoles nationales vétérinaires, l'Ordre des vétérinaires, l'Anses et les notices des médicaments avant d'écrire sur la santé d'un animal. Elle vérifie chaque signe et chaque seuil à sa source et cite ses sources principales en fin d'article. Ses articles ne remplacent pas un avis vétérinaire : pour tout soin, elle renvoie vers le vétérinaire de votre animal.

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