Chien trisomique : « trisomie 21 » est un nom de chromosome humain, mais des anomalies du nombre de chromosomes existent chez le chien

Chien trisomique : « trisomie 21 » est un nom de chromosome humain, mais des anomalies du nombre de chromosomes existent chez le chien

23/10/2026
Chien trisomique : « trisomie 21 » est un nom de chromosome humain, mais des anomalies du nombre de chromosomes existent chez le chien
23/10/2026

En bref

« Trisomie 21 » désigne un chromosome humain, et le chien n’en a pas d’équivalent à ce nom. Des anomalies du nombre de chromosomes sont pourtant décrites chez le chien, sur d’autres chromosomes. Un chiot qui grandit moins que sa portée relève d’abord d’un examen vétérinaire, car des maladies hormonales sont décrites.

Ce que l’on observe, et le mot qui circule

Un chiot plus petit que ses frères, une tête qui paraît différente, une démarche hésitante : « il a l’air trisomique ». Le mot circule dans les vidéos et dans les conversations, et il demande à être précisé avant de décider de quoi que ce soit.

Les pages classées répondent presque toutes que la trisomie 21 n’existe pas chez le chien, et citent des maladies qui y ressemblent. L’aperçu de Google en donne la raison : le chien aurait 39 paires de chromosomes contre 23 pour l’humain, ce qui rendrait cette anomalie impossible.

« Trisomie 21 » est un chromosome humain

La trisomie 21 est la présence d’un troisième exemplaire du chromosome 21 humain. Le chien porte un jeu de chromosomes différent : l’assemblage de référence publié par Ensembl compte les chromosomes 1 à 38, plus les chromosomes sexuels X et Y, soit, avec la paire sexuelle, les 39 paires que citent les pages.

Chaque espèce numérote ses propres chromosomes, et le chromosome 21 du chien n’est pas celui de l’humain.

Un décompte de paires ne prouve pas qu’une anomalie est impossible : il montre seulement que le nom « trisomie 21 » ne se transpose pas. Qu’un chien puisse porter un chromosome en trop sur un autre numéro, la littérature le décrit.

Ce que montrent les cas décrits chez le chien

Une étude de 2021 a validé une puce à SNP (une analyse de l’ADN sur environ 650 000 repères du génome) sur 2053 chiens de races diverses. Elle a trouvé trois cas d’aneuploïdie, c’est-à-dire d’un nombre anormal de chromosomes : une monosomie X (un seul chromosome X), une trisomie X et une trisomie apparente, en mosaïque, du chromosome 38. En mosaïque signifie que seules certaines cellules sont concernées.

D’autres cas isolés existent. La base OMIA recense un chien XXY décrit en 1970, avec une hypoplasie des testicules et une malformation cardiaque congénitale. Un article de 2023 décrit une chienne Border Collie de 4 ans, suivie pour des crises d’épilepsie, dont le caryotype est en mosaïque monosomie X et trisomie X.

Ces trois cas sur 2053 ne mesurent pas une fréquence dans la population des chiens.

Les résumés de ces études ne décrivent pas non plus un tableau commun de signes, et l’on ne peut pas en déduire à quoi ressemblerait un chien porteur. Les auteurs de 2021 notent enfin que cette approche n’était alors pas largement utilisée en pratique de laboratoire clinique canine.

Ce que le vétérinaire cherche d’abord

Deux maladies hormonales figurent parmi les causes décrites d’un retard de croissance chez le chiot. Le Manuel MSD vétérinaire décrit le nanisme hypophysaire, une carence en hormone de croissance due à une hypophyse qui se développe mal. Il est héréditaire et le plus fréquent chez le berger allemand, vu aussi chez le spitz, le pinscher nain et le chien d’ours de Carélie.

Les chiots atteints ressemblent à leur fratrie jusqu’à environ deux mois, puis grandissent moins vite et gardent leur pelage de chiot. Des poils se perdent ensuite sur les deux flancs.

La même référence décrit une hypothyroïdie congénitale, rare chez le chien. Sa forme secondaire s’accompagne d’un nanisme disproportionné, d’une léthargie, d’anomalies de la démarche et de constipation, et elle a été rapportée chez le schnauzer géant, le fox-terrier à poil lisse miniature et le lévrier écossais. Son diagnostic repose sur l’examen clinique et sur des analyses, dont le dosage de la thyroxine (T4), car d’autres maladies donnent des signes semblables.

Balance pour animaux sur une table d'examen vétérinaire vide

Quand appeler le vétérinaire

Important

Un chiot qui grandit moins que sa portée, des proportions inhabituelles, une léthargie, une démarche anormale ou une constipation justifient un examen vétérinaire, sans attendre. Aucun aspect du visage ni aucune vidéo ne permet de poser un diagnostic. Ce texte ne remplace pas l’avis d’un vétérinaire.

Avant le rendez-vous, on note l’âge auquel l’écart avec la portée est apparu, le poids aux pesées successives et ce qui a changé dans la démarche ou le comportement. C’est ce que le vétérinaire vous demandera.

Sources

  • Ensembl, assemblage de référence du chien ROS_Cfam_1.0, liste des chromosomes
  • Shaffer L. G. et coll., « Identification of aneuploidy in dogs screened by a SNP microarray », Human Genetics, 2021
  • Noto N. T. et coll., cas de mosaïque X chez une chienne, Veterinary Clinical Pathology, 2023
  • OMIA, fiche « Aneuploidy, trisomy, sex chromosome XXY » chez le chien
  • Manuel MSD vétérinaire, « Disorders of the Pituitary Gland in Dogs » et « Hypothyroidism in Animals »

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Rédigé par
La rédaction de Pattes & Santé
La rédaction de Pattes & Santé lit ce que publient les écoles nationales vétérinaires, l'Ordre des vétérinaires, l'Anses et les notices des médicaments avant d'écrire sur la santé d'un animal. Elle vérifie chaque signe et chaque seuil à sa source et cite ses sources principales en fin d'article. Ses articles ne remplacent pas un avis vétérinaire : pour tout soin, elle renvoie vers le vétérinaire de votre animal.

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