Piroplasmose chez le chien : les signes qui imposent le vétérinaire, et ce qu'un test négatif ne prouve pas

Piroplasmose chez le chien : les signes qui imposent le vétérinaire, et ce qu’un test négatif ne prouve pas

16/10/2026
Piroplasmose chez le chien : les signes qui imposent le vétérinaire, et ce qu’un test négatif ne prouve pas
16/10/2026

En bref

Un chien abattu, fiévreux, qui ne mange plus, avec des urines foncées ou des muqueuses pâles ou jaunes, peut avoir une piroplasmose. Il se montre au vétérinaire le jour même. Traitée tôt, elle répond bien, mais peut rechuter vers dix jours, et un chien guéri n’est pas protégé.

Ce qu’on observe, ce que ça peut être, le moment d’appeler, le traitement, puis la prévention.

Chien abattu couché sur un tapis, gamelle pleine à côté

Ce qu’on observe

La forme la plus connue, la forme aiguë, se voit vite :

  • une forte fièvre ;
  • un abattement, un chien qui reste couché ;
  • une perte d’appétit ;
  • des muqueuses pâles (gencives, intérieur des paupières), signe d’anémie (le manque de globules rouges) ;
  • assez souvent, mais pas toujours, des urines foncées, du rougeâtre à la couleur du café.

Il existe aussi des formes discrètes : une fièvre modérée qui passe, un chien qui maigrit ou qui est un peu moins en forme. Ce sont les plus difficiles à relier à la maladie : elles se montrent aussi au vétérinaire, sans attendre qu’elles s’aggravent. Plus rares, des formes atypiques donnent des troubles de la marche, nerveux, respiratoires ou oculaires.

Ce que ça peut être

La piroplasmose du chien, ou babésiose, est due à un parasite microscopique qui vit dans les globules rouges et les fait éclater. Elle peut toucher ensuite les reins, les articulations, les poumons, le foie ou les yeux. Sa complication la plus fréquente est une insuffisance rénale, rapidement irréversible.

Le parasite, Babesia canis, est transmis par la morsure de tique, surtout celle de Dermacentor.

Selon l’ESCCAP, le conseil européen sur les parasites des animaux de compagnie, la maladie est présente sur tout le territoire, et les départements du sud-ouest sont les plus à risque d’après sa carte de 2011. Au sud-est, une autre tique peut transmettre le parasite et se reproduire à l’intérieur des maisons et des chenils. La morsure ne se sent pas : ne pas avoir vu de tique n’écarte pas la maladie.

Certaines vidéos situent la maladie surtout au nord et à l’est : la carte publiée place les zones les plus touchées au sud-ouest, même si des cas sont régulièrement rapportés ailleurs.

Quand appeler le vétérinaire

Fièvre, abattement et urines foncées, ou muqueuses jaunes (un ictère) : on appelle le vétérinaire le jour même, parce que l’anémie peut devenir très sévère sans traitement rapide, et que la maladie répond bien au traitement quand le diagnostic est posé tôt. Une vétérinaire en médecine interne le rappelle dans cet entretien, qui couvre aussi la maladie de Lyme :

Important

Notez la date de la dernière promenade en zone à tiques et le jour où les signes ont commencé, pour le dire au vétérinaire. En attendant, ne donnez aucun médicament sans son avis.

Le diagnostic et le traitement

Le vétérinaire cherche le parasite par une prise de sang. Le frottis sanguin (une goutte de sang prélevée à l’oreille, observée au microscope) est rapide, mais un résultat négatif n’exclut rien. La PCR, une recherche de l’ADN du parasite en laboratoire, est plus sensible, sans être infaillible.

Le traitement repose sur une ou plusieurs injections d’un produit qui détruit le parasite. Selon l’état du chien, il s’y ajoute des soins : perfusion, transfusion, anti-inflammatoires, antibiotiques.

Deux points restent mal connus des propriétaires. Une rechute est possible une dizaine de jours après le traitement, qui doit alors être renouvelé. Et un chien déjà traité n’est pas protégé contre une réinfection : la guérison ne vaut pas immunité.

La prévention

La tique ne transmet le parasite qu’à la fin de son repas, plus de 48 heures après s’être fixée. Une tique retirée vite limite donc le risque, comme le fait d’éviter les herbes hautes, les bois et les lisières.

Mains qui écartent le pelage derrière l'oreille d'un chien après une promenade
MoyenCe qu’il faitSa limite
Antiparasitaire (collier, pipette, comprimé)Éloigne ou tue les tiquesEfficacité variable selon le produit, à renouveler ; certains sont très toxiques pour les chats
Inspection après la promenadePermet de retirer les tiques avant qu’elles transmettentUne tique peut échapper à l’œil
VaccinationRéduit le risque et la sévéritéProtection incomplète, décidée au cas par cas
Injection préventiveProtège quelques semainesRéservée à de rares cas

Le retrait de tique se fait avec un tire-tique (crochet ou pince adaptés), jamais avec les doigts, l’éther ou une cigarette, qui peuvent favoriser le passage du parasite : le geste est détaillé dans retirer une tique sans erreur sur un chien. Le vaccin se discute avec le vétérinaire si vous vivez en zone à risque, si c’est un chien de chasse ou si vous partez avec lui dans une région touchée.

Après une promenade à risque

  • inspecter tout le pelage le soir même, en écartant les poils ;
  • retirer toute tique au crochet, sans attendre ;
  • surveiller la forme, l’appétit et la couleur des urines les jours suivants ;
  • au moindre signe de fièvre ou d’abattement, appeler le vétérinaire.

Sources

  • ESCCAP France, « Babésiose (piroplasmose) du chien et du chat », fiche et carte de répartition (2011)

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Rédigé par
La rédaction de Pattes & Santé
La rédaction de Pattes & Santé lit ce que publient les écoles nationales vétérinaires, l'Ordre des vétérinaires, l'Anses et les notices des médicaments avant d'écrire sur la santé d'un animal. Elle vérifie chaque signe et chaque seuil à sa source et cite ses sources principales en fin d'article. Ses articles ne remplacent pas un avis vétérinaire : pour tout soin, elle renvoie vers le vétérinaire de votre animal.

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