La leishmaniose se transmet par la piqûre du phlébotome, que l’ESCCAP conseille de prévenir de début avril à fin novembre. Les signes apparaissent de 2 mois à 8 ans après la piqûre. La prévention dépend de la situation du chien : indemne, infecté sans signes ou malade. Le vaccin exige un test préalable et ne protège pas à 100 %. Il n’existe pas de traitement définitif : le chien reste porteur et se suit.
Ce qu’on observe chez le chien, la transmission, les trois situations, ce que fait le vétérinaire, puis le moment d’appeler.
Ce qu’on observe chez le chien
La leishmaniose est une maladie générale : tous les organes peuvent être touchés, et la peau en est la cible la plus visible. Une fiche de dermatologie vétérinaire décrit les signes cutanés typiques.
- des squames de grande taille, dites psoriasiformes (des pellicules épaisses et brillantes) ;
- une peau épaissie et grisâtre ;
- des griffes allongées et fissurées, les « ongles de fakir » ;
- une perte de poils en plaques, surtout sur le visage et sur les saillies osseuses.
Le premier signe est souvent un chancre d’inoculation, un nodule ou une lésion ulcérative au point de piqûre, sur l’oreille, la truffe ou le chanfrein. Il persiste de 3 à 9 mois et se confond avec une piqûre de tique. S’y ajoutent l’amaigrissement, des troubles des yeux et, à un stade avancé, une insuffisance rénale.
La transmission et la saison
Le parasite, Leishmania infantum, passe d’un chien à l’autre par la piqûre du phlébotome, un petit insecte actif le soir. L’ESCCAP place les protections de début avril à fin novembre, soit plus longtemps que l’« avril à octobre » que reprennent beaucoup de pages.
Le délai entre la piqûre et les signes va de 2 mois à 8 ans. Un chien qui rentre du sud et va bien n’est donc pas pour autant sorti d’affaire.
Trois situations, trois préventions
Un vétérinaire hospitalier distingue trois situations, qui ne reçoivent pas la même prévention.
| Le chien est | Ce qui s’applique | Le vaccin |
|---|---|---|
| Indemne, en zone à risque ou de passage | Insecticides adaptés choisis avec le vétérinaire, chien rentré à la tombée de la nuit | Possible, après un test |
| Infecté, sans signes | Soigner vite toute affection qui affaiblit les défenses, éviter de nouvelles piqûres | Non |
| Malade | Éviter de nouvelles piqûres, traitement médicamenteux prescrit | Non |
Pour le chien indemne, l’ESCCAP détaille les protections : spray, pipette ou collier à choisir avec le vétérinaire, moustiquaires de maille de 0,3 à 0,4 mm², fenêtres fermées la nuit. Le vaccin demande un test préalable, une primo-vaccination puis un rappel annuel. Il réduit le risque sans protéger à 100 % : les mêmes précautions restent nécessaires.
Ce que le vétérinaire fait, et ce qu’il demandera
Une prise de sang suffit parfois à établir le diagnostic ; d’autres cas demandent des prélèvements, comme une ponction de ganglion. Le traitement associe, selon les recommandations de LeishVet de 2011, un médicament antileishmanien et l’allopurinol, un traitement de fond prolongé qui limite la multiplication du parasite. Il ne supprime pas le parasite : un chien traité peut rester porteur.
Le suivi compte autant que le traitement : un bilan après le premier mois, puis tous les trois à quatre mois la première année. Une forte hausse des anticorps entre deux contrôles signale une rechute.
Avant d’appeler, notez depuis quand les griffes ou la peau changent, la date de l’amaigrissement, les séjours dans le sud et la date du dernier traitement antiparasitaire : c’est ce que le vétérinaire vous demandera d’abord.
Quand appeler
Aucune source lue ne fixe de délai : notre avis est d’appeler le vétérinaire dès le premier signe chez un chien qui vit dans le sud ou qui y est allé, qu’il s’agisse de squames, de griffes qui poussent, d’un amaigrissement ou d’un saignement de nez, un signe que le vétérinaire de la vidéo cite parmi les plus parlants.
Cette page est une information générale, pas un diagnostic. La leishmaniose est transmissible à l’homme par le phlébotome, surtout aux enfants et aux personnes immunodéprimées. Une fiche de dermatologie vétérinaire demande de considérer le risque de transmission par contact avec des ulcères cutanés nombreux : notre avis est d’en parler au vétérinaire avant de soigner le chien à la maison. Un chien suspect se fait examiner, et le traitement se décide avec lui.
Pour d’autres parasites du chien et du chat, voir la giardiose du chien et retirer une tique à un chat.
Sources
- ESCCAP France, « La leishmaniose chez le chien », consultée en octobre 2026
- Dermatoveto, « La leishmaniose canine », fiche de dermatologie vétérinaire
- Solano-Gallego L. et coll., « LeishVet guidelines for the practical management of canine leishmaniosis », Parasites & Vectors, 2011
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